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Comment l’UX Design aide la technologie à détourner notre esprit

5/2/2023

Notre vulnérabilité face à la technologie

Dans un article paru en 2016, Tristan Harris auteur et diplômé de l'Université de Stanford et ancien éthicien du design chez Google, nous explique comment la technologie détourne notre esprit.

L'auteur compare les UX designers à des magiciens. Les magiciens cherchent les angles morts, les vulnérabilités et les limites de la perception afin d’influencer les personnes sans qu’il ne s’en rende compte. Comme eux, les designers, en façonnant les menus, détournent la façon dont nous percevons les choix : les options qui nous sont proposées ne correspondent pas réellement à nos véritables besoins.

Prenons l’exemple de fonctionnalités présentent sur différentes applications :

Pull to refresh” : lorsque nous glissons notre doigt pour actualiser et faire défiler le flux Instagram. C’est un geste simple et satisfaisant qui permet un sentiment de contrôle. Les applications sont conçues ainsi pour fidéliser les personnes. Ce geste rappelle celui des machines à sous : nous ne savons pas sur qu'elle contenu on va tomber mais nous obtenons une récompense numérique.

Notifications” : elles servent à nous informer mais elles sont comme des distractions car elles arrivent de manière imprévisible. C’est cet effet de surprise qui rend addictif. De plus, les bulles de notifications seront de couleurs chaudes de façon à éveiller les désirs et attirer le regard.

Infinite scroll et autoplay” : pour détourner les personnes de leurs activités, les applications incitent à consommer. Prenons l’exemple de Netflix, dès qu'un épisode est fini, l’autre se lance. L’utilisateur n'a pas le temps de se dire qu’il en a assez. Le professeur Cornell l'a démontré lors d’une expérience ou il a incité les personnes à manger de la soupe à l’aide d’un bol sans fond qui se remplit automatiquement. Les personnes ont consommé 73% de calories de plus mais ne l’ont pas remarqué.

Harry Brignull a inventé le terme “Dark pattern” en 2010, il pourrait se traduire par “design douteux”. Le docteur en neuroscience Albert Moukheiber le définit ainsi :

“Il s'agit de manipulations dans le design même des services que nous utilisons, pour faire faire des choix à l'utilisateur, dont il n'est pas conscient… Cela peut être pour nous inciter à devenir accro en jouant sur des biais cognitifs”. (débat sur le design éthique avec l'association Chiasma Paris, 2018)

Ces biais scientifiques, il y en a des centaines, comme le fait de trouver un produit à 0.99 euro beaucoup moins coûteux qu'un autre au prix rond.

Les “Dark patterns” fonctionnent en prenant appui sur les émotions de l’utilisateur. Une personne qui s'ennuie, qui est triste ou qui ressent de la peur souhaite un service afin de soulager cette situation. Par exemple, une personne qui a peur du temps qui passe, va prendre une photo et la poster sur Instagram : cela va permettre de la soulager et ça va devenir une habitude, comme un acteur de son subconscient. Le principe est le même, lorsqu’on pose une question sur Google.

Face à ces “Dark patterns”, plusieurs personnes ont déjà tenté de lancer l'alarme comme Tristan Harris. En Europe, le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) prône le principe de “privacy by design”, c'est-à-dire la protection des données personnelles dès la conception d’un service.

Dans un article de blog paru en 2021, l’auteure Elizabeth Manneh nous explique comment l’utilisation de la technologie rend l’humain stupide. Elle met en avant différents faits engendrés par l'utilisation de ces technologies.

Tout d’abord, ces technologies changent la façon dont notre cerveau fonctionne ; nous avons du mal à retenir les informations, en effet : nous nous souvenons plus facilement où trouver cette information que l’information en elle-même. Des études ont aussi démontré que les personnes se souviennent plus facilement d’une conversation au téléphone plutôt que d’un dialogue entre deux personnes.

Notre cerveau ne retient pas tout ce que nous lisons. En effet, une étude a montré que les personnes qui lisent un écrit papier se souviennent plus en détail de celui-ci que ceux qui le lisent sur tablette. Nous faisons aussi de plus en plus de fautes d’orthographe, cela à cause des fautes de frappe, des corrections automatiques, mais aussi des réseaux sociaux.

Les scientifiques ont découvert aussi qu’il y avait un lien entre le temps que les tout-petits passent à utiliser des appareils électroniques et le temps qu’ils mettent à utiliser la parole. En effet, les scientifiques ont constaté que pour les enfants de 3 ans et moins, il y avait un risque de 50% d’avoir un retard de parole expressive pour chaque tranche de 30 minutes d'utilisation d'appareils technologiques.

Toutes ces informations, ne sont pas récentes, Google et Facebook prônent même depuis quelque temps “un retour aux sources”, “une déconnexion”. Or, c’est loin d’être les premières entreprises à revenir sur leur création et à réfléchir à de bonnes intentions vis-à-vis de notre sommeil ou de notre santé mentale.

Mais si Facebook et Google attirent l’attention sur le problème de l’hyperconnexion et ainsi se rapprochent du bien-être de l’utilisateur, nous pouvons nous demander en tant que designer quel est notre rôle ? Et comment créer une image de marque / un produit UX qui fonctionne sans défier les lois morales ? Suite au prochain article. ✨

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